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Recruter des cadres venant d'horizons divers et conscients de leurs "hautes obligations"




l'ENA n'est pas un objet sacré, elle a une fonction, la seule question est de savoir si elle la remplit de manière appropriée.

Mais les échos diffusés à ce jour (je note que le Président n'a pas encore parlé, et qu'il ne faut pas inventer ce qu'il dira ou ne dira pas) permettent de faire deux ordres d'observations:


Sur la forme, le slogan "suppression de l'ENA" diffuse un parfum de démagogie, de magie noire, d'encouragement aux embrasements anti-élite qui n'est pas très digne. La suppression de l'ENA peut être une conséquence, pas une cause (aux deux sens du mot: ni origine ni étendard). et pas plus une célébration sacrificielle. Qui rappelle que la moitié d'une promotion est constituée par les concours internes ?

Une politique se définit-elle par ses suppressions ? La suppression de l'ENA ne garantit pas l'abolition des privilèges. Je soutiens l'adhésion à l'association de ceux qui n'auraient pas exercé les mêmes responsabilités sans l'ENA pour les propulser là où personne ne les attendait.


Sur le fond, deux remarques méritent d’être répétées :


** ne pas oublier que l'idée d'ENA en France est liée aux périodes de création de la République 1848 et 1945 (sans même rappeler le Front populaire et Jean Zay). L'ordonnance du 9 octobre 1945 du général de Gaulle ne se bornait pas à créer l'ENA mais fondait toute une politique de fonction publique qui faisait écrire avec fierté à François Bloch-Lainé en 1976 "profession fonctionnaire". Et la même ordonnance évoquait les "hauts fonctionnaires" pour définir les "hauts devoirs". Il est significatif que la première expression (je la refuse car on ne connaît pas de "bas fonctionnaires") a fait florès alors que la seconde ( les "hauts devoirs") a été oubliée.


** la technocratie existe quand les ministres ne commandent pas. Ou qu'on leur enlève leur pouvoir comme par ce décret pervers du 27 juillet 2005, toujours en vigueur, qui maintient les délégations de signature aux directeurs alors que le ministre a changé ("le changement de ministre...ne met pas fin à cette délégation...") ou la technocratie épanouie face au ministre qui passe.


Sur le fond, en outre, je note qu'on supprimerait, au nom de l'égalité, une école qui paye ses élèves, et parfois pour devenir ses élèves (cycle préparatoire, ) et qu'on préserve jalousement les écoles qui font payer leurs élèves (HEC, etc.).


Sur le fond encore, l'important est de ne pas revenir au choix dont rêvent tous les corps et toutes les administrations: choisir eux-mêmes leurs nouveaux fonctionnaires. Et donc les choisir à leur image. l'ENA par le système du classement impose aux corps de prendre des candidats qu'ils n'auraient jamais retenus. il est nécessaire de garder cette originalité qui diffère des processus de recrutement du secteur privé. L'indépendance intellectuelle et la diversité dans la collégialité sont nécessaires à l'administration.


Quant aux corps « viviers », (je préfère cette expression à "grands corps" car nous ne sommes jamais obligés d'ânonner les mots que l'on nous impose) il faut réfléchir sans complexe à les réformer si c'est nécessaire et l'actuel départ en administration de terrain deux ans après l'arrivée dans le corps me paraît intéressante. Dans l'intérêt public, je recommande le maintien d'un vivier de juniors... Ainsi, Avant l'école de guerre, trop citée en ce moment, il y a St Cyr ou l'Ecole navale. Ce n'est pas l'Ecole de guerre qui a donné le colonel Picquart. Ce sont la bourse d'orphelin pour Saint Cyr et le concours !


L'art de gouverner suppose de savoir commander l'administration, donc de savoir la connaître, la reconnaître dans ses fonctions, la former, la formater en fonction des priorités politiques, la sanctionner mais aussi l'encourager et la mobiliser.


Proposons un projet pour l'administration et non pas seulement une soustraction.

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Association Services publics loi 1901

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